Caractéristique de la pensée de ces trois est la référence à Kant, plus précisément au cosmopolitisme kantien, mais aussi à la dimension universaliste de sa pensée. Elle ne s’en est pas sérieusement acquittée. Nous étions en 1982 et les choses n’ont guère changé. Le parti au pouvoir en Afrique du Sud, le Congrès national africain (ANC), se réunit à partir de samedi pour élire le remplaçant du très controversé Zuma. 6C’est depuis l’Antiquité, depuis Platon et surtout Aristote (à qui nous devons le concept de philosophie pratique), jusqu’à l’époque moderne en passant par le Moyen-Age, que la philosophie a fait de la dimension normative de l’action humaine individuelle et institutionnelle, c’est-à-dire de l’éthique, du droit et de la politique, un objet de réflexion en cherchant à clarifier les conditions ou les critères de l’action bonne ou les étalons du meilleur régime politique ; ou encore en posant la question de savoir à qui il convient de remettre le pouvoir ? Donc accorder la primauté à la liberté et l’égalité par-dessus tous les biens dont les Africains ont besoin, c’est d’abord se poser en sujet de son histoire et prendre en charge son destin. En pensée politique. ET STRATÉGIE ÉCONOMIQUE. Bien avant toutes les meilleures promesses de développement économique et culturel et de mieux-être, ils préféreraient les deux principes de liberté et d’égalité. 7 Voir à ce sujet Otfried Höffe, Penser un droit pénal interculturel, trad. Ce dernier accueille 1/5e de la totalité des crédits alloués à Afrique de l’Est10.Djibouti reçoit ainsi trois fois plus que l’Éthiopie et deux fois plus que le Kenya. Il est bien entendu que ces positions représentent des types idéaux 20. GENERALITES SUR L'EXERCICE DU POUVOIR EN AFRIQUE 40Peu de gens apprécieraient l’esclavage, la soumission ou la servitude, même au nom du développement social et économique, même au nom des dites valeurs africaines pour lesquelles ils préféreront vivre libres plutôt que mourir. Pour ne prendre que deux exemples au hasard, Une Couronne pour Udomo (Paris, Stock, 1958) de Peter Abrahams posait déjà le problème de l’État africain et en décrit déjà certains aspects bien avant les indépendances. 18Si le colonialisme est condamnable, accepter et assumer tacitement son héritage, l’État moderne africain, sans le questionner, l’est tout autant. Il en est de même pour Les Crapauds brousse (Paris, Points, 2010) de Tierno Monenembo. Mais s’il y a une véritable tentative d’une théorie de la légitimation du pouvoir politique, c’est chez Gyekye qu’on la trouvera. Il y a pire : soutenir que certains éléments constitutifs des cultures africaines peuvent se retrouver en dehors de l’Afrique et remettre en cause la spécificité supposée africaine d’éléments culturels ou anthropologiques communs répandus dans d’autres cultures humaines, c’est déjà porter atteinte à la thèse de la spécificité des cultures africaines et de leur grandeur. 50On le voit clairement, l’univers symbolique, culturel, confère à chaque démocratie vivante et vécue une coloration particulière qui donne à chaque démocratie une culture politique particulière, malgré l’existence des mêmes principes démocratiques. C’est encore au nom de la liberté que des femmes et des hommes ont défendu leurs cultures, lieux du sens de l’existence et de l’accès au monde humain. Dit autrement : avec la distance des quelques décennies depuis les indépendances, si les citoyens avaient, aujourd’hui, à choisir des principes politiques, qu’au­raient-ils adopté comme principes fondamentaux de la coexistence politique, du vivre-ensemble ? Nous étions en 1982 et les choses n’ont guère changé. 25, 1982, S. 15. Voir Sur la « Philosophie africaine ». Essai sur l’imaginaire politique dans l’Afrique contemporaine, Karthala, Paris, 2000, p. xii. « À propos des écritures africaines de soi », Dire que l’État moderne est importé en Afrique n’interdit pas de prendre en considération la comple, Nous renvoyons ici à l’excellent article de Pieter Boele van Hensbroek, « Le « tournant démocratiqu, Voir pour cela, Souleymane Bachir Diagne, « Philosophie africaine et Charte africaine des droits de, On trouvera une position similaire chez Paulin, , pionnier de la critique de l’ethno philo, Voir un plus ample développement notre « Identität : Evolution oder Differenz / Identité : Évolutio. Notre esquisse ne se veut pas nécessairement un projet africain. Nombre de spécialistes contemporains définissent la science politique comme l'étude du pouvoir. JSTOR®, the JSTOR logo, JPASS®, Artstor®, Reveal Digital™ and ITHAKA® are registered trademarks of ITHAKA. Nous désignons par cette notion, la période qui a commencé après les indépendances formelles. 35Il apparaît donc clairement que le discours ethno-racial, identitaire et ethno philosophique ne peut plus légitimement servir de base à l’identité africaine ni à une quelconque légitimité du pouvoir politique. Ceux qui incarnent le pouvoir politique en Afrique sont comme des masques à plusieurs visages. Comment identifier ces institutions et en quoi sont-elles démocratiques dans le sens d’une démocratie avec des droits égaux et des libertés égales dont nous disions que les Africains les auraient choisis ? African Perspectives, Accra, Sub-Saharan Publishers, 2013. Centre africain pour le genre et le développement; Nations Unies. D’où la stratégie d’argumentation que nous avons adoptée. Gray, 1862; Christianity, Islam and the Negro Race, London, W. B. Whittingham & Co., 1887 ; 1888 ; University of Edinburgh Press, 1967 ; reprint of 1888 edition, Baltimore, Maryland: Black Classic Press, 1994 ; African Life and Customs, London, C. M. Phillips, 1908 ; reprint Baltimore, Maryland: Black Classic Press, 1994 ; West Africa Before Europe: and Other Addresses, 1901 et 1903, London, C. M. Phillips, 1905. Mais, contrairement à ce que l’on pense, le libéralisme politique ne désigne qu’un cadre qui est largement compatible avec beaucoup de formes de vie et de systèmes économiques, même socialistes. Pourquoi n’y trouve-t-on pas un engagement à faire des démocraties authentiquement française, allemande, suédoise ou italienne alors que, dans le contexte africain, on parle d’une démocratie fondée sur une culture continentale qui n’existe pas ? The reference and significance of the references to the hightest level of human community suggest the understanding and conviction that all human beings, irrespective of their local communities, are also members of a single large human community » 30. Request Permissions. L’idée panafricaine a émergé des conditions socio-historiques et politiques comme l’esclavage, la colonisation et a contribué à l’émergence de la situation postcoloniale, trois événements historiques qui ont profondément marqué l’histoire du continent les deux cents dernières années et dont les Africains ont été co-auteurs, collaborateurs et victimes à la fois. Les publications en sciences politiques sont abondantes et contiennent des études sur le rôle de l’armée, la corruption, la nature de l’État africain. 6 Evans PRITCHARD, Meyer FORTES et Max GLUCKMAN cités par Pathé DIAGNE Pouvoir politique Traditionnel en Afrique Occidentale, Edtion Présence Africaine, p. 9. , tome LXVII, 2011, p. 650-663 qui présente le débat africain sur la démocratie de façon très synthétique. C’est un choix des principes qui légitiment d’abord l’État en Afrique. 38Le choix de la liberté et de l’égalité est un choix politique. L’après-pouvoir, est synonyme d’autocensure ou de « subite amnésie ». La dénomination « Charte … des peuples » énonce déjà cette volonté de se singulariser 23. 9 Nous étions en 1982 et les choses n’ont guère changé. Le message des électeurs ne vise pas un parti en soi, mais l'ensemble de la classe politique qui n'a pas pu apporter des réponses Zied Ladhari à franceinfo Afrique Sur la base de l’observation, en Afrique, bien qu’élu au suffrage universel, le président de la République exerce le pouvoir comme dans une monarchie. 16Mais alors, si la question de la légitimité de l’État postcolonial s’impose, en quel termes la formuler et pourquoi est-ce que ce serait les principes de liberté et d’égalité que les Africains choisiraient comme base de leurs institutions publiques ? La nécessité de s’inspirer des traditions « démocratiques africaines » précoloniales est une idée bonne en elle-même. Qui parle de philosophie et de politique en Afrique se réfère à cette seconde approche normative ; car une philosophie descriptive de l’action relève plus d’une théorie de l’action ou de la science politique, de la sociologie ou de l’anthropologie politique. C’est davantage façonner son histoire que la subir et en même temps déterminer le cadre dans lequel l’état postcolonial est né. Sur la guerre et l’État colonial. Frédéric Joël Aïvo, « Les constitutionnalistes et le pouvoir politique en Afrique », Revue française de droit constitutionnel 2015/4 (N° 104), p. 771-800. Dans toute la littérature sur l’Afrique, de la politologie à la discussion sur la philosophie africaine, on ne trouve presque pas, provenant des Africains, de réflexion sur les thèmes de la liberté et de l’égalité, presque pas de littérature engagée ou tentant de réfléchir sur l’État en général et mettant en avant la question philosophique de la liberté et l’égalité politique. La question n’était plus, pour reprendre Spivak, si le subalterne pouvait parler ; certes, dans ce contexte, il le pouvait toujours parce qu’il ne gênait les plans de personne. The Call of Providence to the Descendants of Africa in America, A Discourse Delivered to Coloured Congregations in the Cities of New York”, Philadelphia, Baltimore, Harrisburg, 1862, in. », Le Portique [Online], 39-40 | 2017, document 1, Online since 20 January 2019, connection on 10 January 2021. Le pouvoir selon le dictionnaire Robert est : « la capacité ou les moyens dont dispose un individu [dans notre contexte les femmes] pour faire quelque chose, accomplir une action » sur les plans économique, social et politique. Comme le note A. Mbembe en se référant à J.-F. Bayart : « l’idée communément répandue est qu’en Afrique subsaharienne l’État n’aura été qu’une simple structure imposée par la violence, à des sociétés qui lui étaient non seulement extérieures, mais aussi hostiles. Certes, un grand nombre de de communautés aux structures de pouvoir fort éclaté en firent d’abord l’expérience dans le contexte colonial. The Keys Concepts, 2e édition, Routledge Londres, New York, 2000, p. 168-175. La Charte de la morale africaine, la morale laïque africaine, c’est l’Organisation de l’unité africaine qui s’en charge. L’administration des prétendues preuves dont « la fonction est de disqualifier les fictions africaines de l’Occident, de réfuter sa prétention à monopoliser l’expression de l’humain en général et d’où­vrir un espace où l’Africain pourrait enfin se raconter à lui-même ses propres fables dans une voix inimitable parce qu’authentiquement sienne » 16. L’histoire et l’univers symbolique de chaque pays étant différents au sein de l’Afrique elle-même, il n’y a pas de raison que les démocraties africaines ne se distinguent des démocraties occidentales, à condition que les principes démocratiques et constitutionnalistes aient la préséance. Comment organiser la cité pour sauvegarder le bien commun ? Notre perspective se veut, elle, résolument normative 5. 1Parmi tous les ouvrages consacrés, en philosophie, à l’État en Afrique, on ne trouve aucun ouvrage ni article qui aborde la question de la légitimité de l’État postcolonial 1. Seulement N’Krumah aussi a négligé les questions fondamentales relatives au pouvoir postcolonial en Afrique, à savoir celles d’assumer la responsabilité du passé africain, du passé d’esclavage, du refus de reconnaître et d’enseigner un fait historique important, celui du pacte avec l’ancien colonisateur. The collections of Sciences Po university press, are intended for faculty members, students and the public at large. Inutile de se demander de quels peuples il s’agit et en quoi ils garantissent la protection des droits de l’homme. 24En négligeant la prise en compte de la question de légitimité de l’État et en se concentrant presque exclusivement sur l’autonomie culturelle, les sciences sociales et la philosophie ont conduit la pensée africaine à un redoutable réductionnisme, voire à un cul-de-de sac. Dans ces conditions, qui sont aussi celles du pluralisme politique moderne, la question de la justice politique devient la recherche de principes sur lesquels tous se mettront d’accord – ou à défaut, la majorité – afin d’organiser les institutions de base de la société, pour reprendre une expression de Rawls dans sa Théorie de la justice. Ceci est d’autant plus étonnant que l’État constitue un immense pouvoir aussi bien face à la vulnérabilité des individus qu’à celle des communautés ou associations au sein des États. Bref, placés dans une situation hypothétique et informés sur ce que les États leur réservaient aux lendemains des indépendances, quels principes de coexistence politique ou de vivre-ensemble auraient-ils aimé voir gouverner leurs institutions publiques ? The objective of this paper is as follows: to show that although pan-African thought and the diverse philosophies of African identities might be interesting to help understand modern Africa, they are not helpful as regards the question of the legitimacy of postcolonial states. (2017) ; Kant et les penseurs de langue anglaise (Éd., avec Mai Lequan et Sophie Grapotte) (2017). Le refus de l’exploitation et le souci du progrès dont la race noire est porteuse peut tout justifier aux dépens de l’individu et surtout qu’une Charte des droits de l’homme soit transformée en instrument de défense de la culture qui, aujourd’hui, peut évoquer son identité pour torturer et opprimer des gens sur la base de leur orientation sexuelle, par exemple, tout en dénonçant dans son préambule les discriminations pour immédiatement violer la lettre et l’esprit de l’article 2 26. Sciences Po University Press publishes the most advanced research thus contributing to current debate in both the public and private sectors: geopolitics, International relations, globalization and governance, political science, societal changes, economics, 20th century history and health. La litté­rature sur l’Afrique regorge d’excellentes analyses dans ces branches. Il y a plus : elle lui est venue au secours, consciemment ou non, lui a livré des armes et ceci à deux niveaux : 1) en fournissant, tour à tour, à l’État postcolonial, par son silence, par la diversion parfois, par sa négligence de poser clairement la question de la légitimité, ce dont il avait besoin pour assoir sa violence et 2) peut-être en accordant – quelquefois même à son corps défendant, sous la forme du discours des valeurs culturelles ancestrales africaines, exactement le simulacre de légitimation dont avait grandement besoin cet État. 19D’aucuns penseront exagérée cette qualification faite par Aimé Césaire de la colonisation qui se poursuit sous l’État postcolonial. Ils ont mangé des raisins verts. Quand on prend en compte l’urgence des besoins de santé, de nourriture, de logement, d’éducation et de sécurité dans certaines villes africaines, pourquoi ne pas penser que des individus seraient prêts à sacrifier leur liberté pour une place où dormir ou pour se nourrir, bref pour survivre. On a plutôt l’impression du contraire du moin. Notre thèse est que les droits égaux et les libertés égales doivent avoir préséance sur les discours culturalistes africains. En fait, l’acquisition du pouvoir par les femmes et leur accès aux sphères décisionnelles ne peut qu’être Ils appellent à se remplir de contenus qui ne peuvent provenir que de la culture ambiante quotidienne. Peut-être ne l’ont-ils pas assez bien posé. Les personnes à protéger sont soumises à la défense des valeurs positives africaines prédéfinies par la Charte. Dès l’ouverture, on relève : (Qu)’il est donc heureux que des intellectuels africains appartenant à des disciplines scientifiques et à des courants de pensée différents, se décident enfin à réfléchir ensemble et à échanger des idées sur la problématique de l’État en Afrique Noire 10. 39Il s’agit là d’un moment négatif du choix des principes de liberté et d’égalité impliquant des droits opposables à l’État, donc des principes de non-ingérence, de libertés négatives. Liberia’s Offering: Being Addresses, Sermons, etc. L’État ou l’OUA en décide). Il s’agit de sauvegarder les valeurs et vertus de solidarité que d’autres peuples ont perdues » 24. Rien que le passage du pouvoir colonial au postcolonial aurait pu constituer un dossier important des écrits sur la décolonisation et enrichir la mémoire collective. Elle ne soulève pas moins de questions. Pour l’instant, nous ne voudrions pas directement discuter cette question qui nous mènerait trop loin. Quant au colonialisme qui ignore l’existence, en Afrique, de structures démocratiques précoloniales, seule une anthropologie politique sérieuse, attachée à l’étude des grands ensembles politiques sociaux d’Afrique pourrait le confirmer. En pensée politique. Ne reste que les droits égaux et les libertés égales pour légitimer l’État africain postcolonial. Ils préféreront vivre dans un État de droit qui structure et stabilise leurs attentes, donc dans un État nécessairement démocratique qui garantit en même temps à des minorités des droits constitutionnels. En Côte d’Ivoire, pour les prochaines élections (législatives 2021), parti au pouvoir et opposition ivoirienne se donnent rendez-vous en mars 2021, comme convenu à l’issue du dialogue politique ouvert lundi 21 décembre 2020. Le discours philosophique culturaliste était l’ergothérapie et l’oubli de la politique de l’État postcolonial, le résultat de cette thérapie. Copier William Lapierre Jean, « 6 - Le plurilinguisme et la politique en Afrique », dans : , Le Pouvoir politique et les langues. Les dictatures ne demandaient pas mieux pour « amuser les citoyens » tout en pactisant avec ceux contre qui ils brandissent la supposée existence et grandeur des cultures africaines. – Jeune Afrique Notre offre théorique consiste à montrer que l’afri­ca­nité – si elle existe – est compatible avec des principes universels et qu’elle évite ce que Césaire, dans la Lettre à Maurice Torez, Chef du Parti communiste français en 1956, appelle les deux manières de se perdre. 7 Max WEBER, Le savant et le politique … Amour du pouvoir en Afrique: gangrène de la démocratie. 27 À ce sujet, ce commentateur de la Charte, Fatsah Ouguergouz écrit, relativement au devoirs de l’individu de defendre les valeurs africaines : « Cette disposition n’a pas une grande portée juridique en raison précisément de sa généralité. Newsletter Recevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail Je m'abonne On comprend mal comment des spécialistes peuvent vouloir expliquer et défendre l’obligation faite à l’individu de suivre ce qui n’existe pas : les valeurs de la culture africaine 27. Voir pour cela, Souleymane Bachir Diagne, « Philosophie africaine et Charte africaine des droits de l’homme », in. Ces divisions ou dissensions ne sont sans doute pas à comprendre comme des visions différentes du monde pouvant caractériser une société humaine, mais plutôt comme des divergences conflictuelles qui ont conduit à la perte de leur liberté et à l’inégalisation des conditions sous le colonialisme, d’une part, ainsi qu’à l’insécurité et à la violence dans la postcolonie, d’autre part. Law as Social System (Ed.) Ceci paraît d’autant plus déroutant qu’un nombre important de ces écrits portent, entre autres, sur la démocratie en Afrique, sur les partis politiques et, surtout, sur la violence caractéristique de l’État africain. Certes, leur adoption peut donner lieu au déclenchement d’une dynamique conduisant à des revendications, parfois imprévisibles, comme celles des homosexuelles dans certains pays africains qui, au nom justement de la culture africaine, répriment l’homosexualité. Il remettrait en question l’unité de la pensée africaine déclarée par la pensée africaine elle-même et serait châtié de sa témérité. L’alinéa 7 de l’article 29 stipule que : l’individu a le devoir « de veiller dans ces relations avec la société à la préservation et aux renforcements des valeurs culturelles africaines positives dans un esprit de tolérance, de dialogue et de concertation et de façon générale de contribuer à la santé morale de la société (sic) ». , « La Charte africaine des droits de l’homme », I happen to believe that there is such thing as a universal human biology, Philosophy, Culture, And Vision. Les Africains ne perdraient pas pour au­tant leur identité culturelle, car il s’agit de principes, abstraits, formels, qui prennent différentes formes dans différents contextes socio-culturels et dans les différents univers symboliques où ils sont appliqués. Revue de philosophie et de sciences humaines. C’est pourquoi, en tant que pensée de la défaite, la pensée panafricaine et toutes les philosophies de l’identité africaines ne peuvent plus servir à l’énonciation de l’identité culturelle africaine, encore moins de base à la question de la légitimité de l’État postcolonial. Si l’on aborde le politique en Afrique sur le court terme, il semble exister une sorte « d’exceptionnalisme africain ». 36Une fois rejeté le discours qui a conduit à la défaite de l’Afrique contemporaine, ne reste que la liberté et l’égalité, les droits égaux et les libertés égales qui, à première vue, pourraient ressembler à un argument en faveur d’une théorie politique libérale. "Pour le moment, il n'est pas dans la politique active", affirme à l'AFP l'un de ses fidèles, son conseiller diplomatique Barnabé Kikaya bin Karubi, qui confirme que M. Kabila n'a pas l'âge de faire le deuil du pouvoir. Tout laisse croire que leur accès à la reconnaissance de l’altérité avait encore besoin de temps. Sciences Po University Press was founded in the 1950s as part of Sciences Po, which is among the top flight university institutions worldwide specialized in the social sciences. C’est pourquoi, pour une théo­rie de la légitimation de l’État postcolonial, toute pensée de l’identité culturelle doit être rejetée. Comment expliquer ce choix et quels arguments pouvons-nous avancer en faveur de ce dernier ? Légitimer l’État signifie que, en se référant à leur histoire, les Africains ne reconnaîtront que les dirigeants qu’ils auront choisis librement d’après des règles qu’ils se seront données eux-mêmes et acceptées par tous ; des dirigeants capables d’assurer la gestion des affaires politiques conformément aux droits de la personne et du citoyen. 2Dans un récent numéro de la revue Critique, Philosopher en Afrique 2, trois articles attirent l’attention sur la tâche de la philosophie politique en Afrique. 1998 ; La Vie des normes et l’Esprit des principes (1995), Diversité humaine, Multiculturalisme, démocratie et citoyenneté (Éd.) C’est au nom de la liberté et de l’égalité que se légitimait le combat contre la colonisation, contre toutes les formes du néo-colonialisme, que bon nombre d’Africains ont été emprisonnés, torturés, ont pris la route de l’exil et quelquefois perdu leur vie, et avant cela, leur projet de vie.