S’il peut apparaître critiquable d’étendre arbitrairement cette notion à l’ensemble de l’Ancien Régime et d’en faire l’élément explicatif fondamental de la société rurale sans attention particulière à la chronologie, il faut signaler que, pour qui veut caractériser la société rurale française du xviie siècle, profondément marquée par les crises conjoncturelles, cette notion est essentielle. Les difficultés proviennent de la distinction ville-campagne, pas si évidente qu’on pourrait le croire a priori, de la définition des catégories sociales (qu’on les appelle classes, groupes ou catégories socioprofessionnelles) choisies par l’historien en s’appuyant soit sur des données socioéconomiques, soit sur des critères juridiques, soit sur le vocabulaire de l’époque – vocabulaire dont la précision laisse à désirer, notamment parce que ces catégories varient dans le temps et dans l’espace, mais aussi au long de la vie d’un individu – ou sur les trois à la fois. Pour les tenures libres en socage, la doctrine of Estates (ce que l’on peut traduire approximativement par le statut des domaines) distingue plusieurs types de cas liés à la durée des concessions. Certains documents utilisent ce terme dans un sens générique pour désigner tout simplement celui qui travaille la terre. Ce sont aussi les héritiers des grandes maisons du Pays basque (caseríos) qui portent le titre de seigneur de telle ou telle maison ou de Catalogne (masías). 43Macfarlane prétendait également que cette évolution entraînait la rupture entre la famille et la tenure familiale dans le village. La vie sous l'ancien régime est précaire et la naissance est un moment difficile. La distinction n’est pas nette entre les meilleurs des yeomen et les couches inférieures de la gentry. 41Alors que pour beaucoup de tenures libres le paiement est symbolique, pour beaucoup de copyholds, ils sont beaucoup plus onéreux. Il n’y a là rien d’étonnant : partout, dans les zones vouées à cette activité, elle est aux mains de la moyenne noblesse, résidant souvent en ville, mais disposant de nombreuses propriétés rurales. Ils ont donné lieu à une étude importante, centrée sur leur recul au xviiie siècle30, mais qui peut être utilisée pour les présenter au siècle précédent. 64Dans les campagnes françaises d’Ancien Régime, tous furent plus ou moins agriculteurs, Pierre Goubert l’a écrit il y a maintenant près de 50 ans : tous travaillèrent la terre, avec plus ou moins de matériel, plus ou moins d’animaux, et plus ou moins de chance. Révoltes urbaines, révoltes rurales, Chapitre VII. Antoine, A., Broad, J., & Brumont, F. 2006. 1Étudier la stratification sociale à la campagne est une pratique difficile dont on a même pu contester la légitimité, une opération « impossible », « non pertinente » et pourtant « nécessaire1 ». Le grand fermier existe donc dans cette région aussi : plus du tiers (36 %) des exploitations louées à Ciudad Real entre 1600 et 1700 ont plus de 60 ha de terres labourables (le reste n’est pas spécifié) et une sur huit (13 %) à 100 ha, de quoi utiliser à plein temps trois ou quatre paires de mules, et c’est effectivement six mules dont dispose le seul de ces fermiers qui apparaît dans les inventaires. 71Les historiens ont assez systématiquement fait du « laboureur » d’Ancien Régime un agriculteur aisé. Les cottagers sont souvent des commoners qui complètent les revenus de quelques parcelles (louées plutôt que possédées) de l’usage de droits dans les commons. pouvoir. Beaucoup plus courant est l’élevage des ovins puisque sur les 57 éleveurs qui le pratiquent, 44 possèdent plus de 500 têtes et 17 plus de 2 000. Ils pratiquent le prêt d’argent et achètent éventuellement les terres qu’ils ont commencé par louer. La France rayonne alors dans le monde entier à travers la culture et les arts. Grandes étendues en friche, énormes récoltes d’orge, tout cela ne pouvait que favoriser l’élevage du gros bétail, notamment des équidés, mais les grands éleveurs ne sont qu’une minorité : 13 possèdent plus de 50 têtes, le but étant essentiellement de produire des mules, animaux de trait et de bât, dont les débouchés sont assurés. 63L’autre forme d’évolution qui affecte la société rurale anglaise au xviie siècle est liée à la croissance des villes et tout particulièrement de celle de Londres31. 70C’est à partir de cette constatation qu’il a élaboré la notion de dépendance des paysans35 en définissant deux seuils essentiels. 11Quoi qu’il en soit, il n’est pas possible de considérer le monde paysan comme une entité ; entrons maintenant un peu plus avant dans le détail de ces inégalités. 2En ce qui concerne les royaumes d’Espagne, cette tâche est encore plus difficile sans doute que pour la France ou l’Angleterre, tant les systèmes agraires sont différents d’un bout à l’autre de la péninsule, des micro-exploitations de Galice ou de la huerta de Valence aux immenses latifundia d’Andalousie et d’Estrémadure. Pour les plus gros, la diversification s’impose, notamment vers l’élevage. Mais comme cela a déjà été observé pour l’Espagne et pour l’Angleterre, si la construction d’un modèle pour l’ensemble du pays est nécessaire elle est aussi dangereuse : en effet, les différences régionales sont considérables et les hiérarchisations sociales n’ont de sens que rapportées à des modèles agraires régionaux. 23Mais ce ne sont pas là les seuls revenus dont disposent nos « principaux » : location de terres et maisons, rentes constituées, bons du trésor (juros), prêt à intérêt, affermage de revenus divers, municipaux, seigneuriaux ou royaux, de dîmes, administration de seigneuries, de commande-ries des ordres militaires, de biens en tutelle ou curatelle, etc. C - 13013 Marseille FranceVous pouvez également nous indiquer à l'aide du formulaire suivant les coordonnées de votre institution ou de votre bibliothèque afin que nous les contactions pour leur suggérer l’achat de ce livre. Hoyle Richard W., « Debate » [The land-family bond in England], Past & Present, 146 (1995), p. 151-73. hoyle Richard W., « Tenure and the land market in early modern England : or a late contribution to the Brenner debate », Economic History Review, 2nd ser., 43 (1990), p. 1-20. Les lords anglais reprennent leurs mouvances en leurs mains et les concèdent en leasehold (baux à temps) pour des durées excédant rarement une vingtaine d’années. De 1815 à 1852, la vie agricole est dominée par la tradition, sous le signe du surpeuplement et de la misère, avec des progrès en fin de période; la période de 1852 à 1880 est synonyme dapogée des campagnes, temps de progrès techniques, de réels changements et de prospérité. Au milieu d… Dans les vallées de l’Esla et de l’Órbigo, dans le León, 2,5 ha suffisaient8. 28Or, cette évolution favorable ne se produisit pas : la production de céréales, surtout celle de blé, baissa plus rapidement que la population. On ne saurait mieux illustrer le fossé qui s’est creusé entre riches et pauvres. cit., p. 154-158 et 418-435 ; Brumont Francis, « Société rurale et production agricole (xvie-xviie s.) », Sarasa Sánchez Esteban et Serrano Martín Eliseo (dir. Il existe aussi de purs fermiers, installés sur les terres de la noblesse urbaine ou sur celles des établissements ecclésiastiques, mais ils ne sont pas très nombreux. Les manouvriers ; 2. Les études les plus récentes tendent à montrer que les tenures en copyhold ont résisté plus longtemps que les auteurs anglais avaient eu tendance à l’affirmer précédemment et que, au xviiie siècle encore, au xviie siècle a fortiori, il ne faut pas les considérer comme une catégorie en voie d’extinction. Le phénomène de polarisation se poursuit tout au long des xviie et xviiie siècles ; on a pu ainsi parler de « l’aristocratie des mas », des paysans qui, comme leurs homologues basques, s’intitulent « paysan, seigneur et propriétaire du mas de… ». 3 Barreiro Mallón Baudilio, La Juridiccción de Xallas en el siglo xviii. Son idée principale, celle selon laquelle le paysan anglais contrôle beaucoup mieux sa terre parce qu’il a le pouvoir de décider que sa propriété sera partagée après sa mort et la liberté de la vendre ou de la donner de son vivant, cette idée n’a pas été sérieusement prouvée. Les premiers balbutiements du roman comique La question de l’accès à la terre est essentielle. Les gros producteurs tournés vers le marché réagissent sans tarder à ces incitations. Vous pouvez paramétrer vos choix pour accepter les cookies ou non. Les concessions sans restriction de durée (fee désigne une propriété héréditaire) désignent les terres qui peuvent être transmises par héritage. 55Le terme de husbandmen désigne tous ceux qui sont moins riches que les yeomen. Béaur Gérard (dir. Mais pour caractériser la société rurale du xviie siècle qui fut, comme on le sait, marqué par des crises de subsistance et des mortalités sévères, on ne peut faire abstraction de la variable conjoncturelle – les bonnes et les mauvaises années influent de manière importante sur la manière dont se compose la pyramide sociale du monde rural – et donc celle de l’indépendance ou de la dépendance des paysans. Un chiffre tout à fait semblable peut être obtenu à partir d’un échantillon plus large, regroupant une dizaine de localités et plus de 6300 feux : 17 % de ces chefs de famille disposent de deux animaux de trait ou plus. xvi-xviii), Ciudad Real, Instituto de Estudios Manchegos, 1986, p. 283. Celui de labrador (laboureur), par exemple, peut désigner aussi bien un paysan aisé qu’un ouvrier agricole ; il est d’ailleurs absent des sources de l’époque. Tu ne trouves pas ce que tu cherches ? 34 Goubert Pierre, Beauvais et le Beauvaisis de 1600 à 1730, Paris, Imprimerie nationale, 1960, 2 vol., 648 + 122 p. 35 Goubert Pierre, L’Ancien Régime, t. I : La Société Paris, A. Colin, 1969, 232 p. ; rééd. Il est probable que l’apparition du seigle réponde à une diminution du pouvoir d’achat des plus démunis dont les ancêtres mangeaient du pain blanc. En dessous, il y a les errants et les mendiants. Parmi ces salariés, certains étaient spécialisés dans l’élevage ; ils s’occupaient tout spécialement des mules et des juments et, bien évidemment, des moutons. 10Notre échantillon donne donc une vision plutôt flatteuse de la société, et pourtant, il reflète une réalité profondément marquée par l’inégalité : les 111 plus riches, soit moins de 10 % du total des inventaires, possèdent 51 % des terres, les « pauvres », correspondent à 60 % des inventaires et détiennent 21 % des terres, et les moyens sont… dans la moyenne, avec 29 et 28 % respectivement. Il s’agissait d’une part de terres privées ouvertes aux pratiques collectives après les récoltes (parcours du bétail) d’autre part de terres plus ou moins incultes (wastes), espaces sablonneux, pierreux, bruyères, landes et marécages… particulièrement importants dans certains comtés du nord (Cumbrian) et à l’ouest (Welsh mountains), au sud-ouest (Dartmoor, Exmoor and Sedgmoor), dans les Midlands (forêts), les hauteurs du Lincolnshire, les Fens mal drainés, et les marécages des rives de la Thames. » figurant sur la tranche de la planche posée sur un tonneau pour servir de banc. C’est à cette diversité que nous nous intéresserons d’abord avant de présenter une division de la société rurale – qui n’embrassera pas l’ensemble de la péninsule, tâche impossible en si peu d’espace –, mais s’appuiera sur quelques exemples mieux connus, puis de conclure sur l’évolution de ces sociétés au cours du xviie siècle. Repris dans Goubert Pierre et Roche Daniel, Les Français et l’Ancien Régime, Paris, Colin, 1984, t. 1 : La Société et l’État. 1974 (repris dans Les Français et l’Ancien Régime, en collaboration avec Daniel Roche, Paris, A. Colin, 1984, vol.1 : La société et l’État). Il faut cependant distinguer parmi eux les mayorales des troupeaux transhumants qui avaient la responsabilité de conduire à des centaines de kilomètres des milliers de bêtes, ce qui supposait qu’ils aient à la fois une grande compétence et la confiance de leur maître, car ils devaient manipuler de grosses sommes d’argent pour les frais du voyage, les droits du roi, etc. ANTOINE, Annie ; BROAD, John ; et BRUMONT, Francis. En effet, je suis gouverné par des lois auxquelles je donne mon consentement ; et ni ma vie, ni ma liberté, ni mes biens ne me sauraient être retirés conformément à la loi. Famille, mariage et transmission des biens à Pozuelo de Aravaca (1580-1640), Madrid, Casa de Velázquez, 2000, 362 p. Brumont Francis, Paysans de Vieille-Castille aux xvie et xviie siècles, Madrid, Casa de Velázquez, 1993, 502 p. García González Francisco, Las Estrategias de la diferencia. 7La Manche présente quelques caractéristiques qui en font un résumé acceptable de la situation de la péninsule. Ils pratiquent une agriculture très extensive ne labourant qu’un quart de leurs terres, moins même pour les exploitations les plus étendues. Moins démunis que leurs voisins journaliers, ils ont pu laisser un certain nombre d’inventaires (115) qui montrent qu’ils possèdent en moyenne une vingtaine d’hectares qu’ils valorisent au maximum en cultivant la vigne, l’olivier ou le safran, et quelques céréales (5 ou 6 ha). 76Leur nombre varie en fonction de différents critères. AN. De plus, Paris ne cesse d’attirer de nouveaux citadins et à la ville étroite et tassée … L’historien peut se charger de fixer lui-même les catégories pour autant que des sources statistiques existent. L’essor de l’industrie qui demande beaucoup de main-d’œuvre contribue au relèvement des salaires agricoles. Les couches supérieures de la paysannerie : laboureurs, gros fermiers, receveurs de seigneuries) et d’autre part ce qu’il avait appelé « l’évasion des revenus ruraux » – taille, dîme, droits seigneuriaux, loyer du propriétaire –, entendons par-là le fait qu’une part importante des revenus de la terre quittait la campagne et les producteurs pour gonfler la fortune de catégories plus urbaines que rurales et qui, de toutes façons, n’avaient pas pris part au travail de la terre. On est donc dans une situation de propriété partagée dans laquelle on ne peut raisonner à partir de l’opposition entre posséder/ne pas posséder mais où il faut imaginer toute une série de niveaux de propriété différents, des plus complets aux plus ténus sur les domaines et les fiefs. 17Ces différentes catégories se retrouvent, dans des proportions diverses, dans toutes les régions d’Espagne et d’ailleurs ; elles forment toujours une forte proportion des effectifs des villages. Mais, grâce à la masse des recherches effectuées par J. López-Salazar (plus de 1 100 inventaires), cet échantillon paraît assez représentatif : il comporte tout de même une majorité d’inventaires de « pauvres » (61 %), les « moyens » représentant un petit tiers du total (29 %) et les « principaux », 10 %. ), Histoire de la France rurale, Paris, Seuil, 1975-1976, 4 tomes (éd. Vivre en ville au XIXe La ville est, par opposition à la campagne, un lieu de concentration d’hommes. C’est un trait qui n’est pas propre à la Manche, mais se retrouve partout, qu’il s’agisse d’animaux transhumants ou de moutons communs, restant sur place, comme le montre l’exemple de la Vieille-Castille, où si les éleveurs sont plus nombreux que dans la Manche (autour de 50 % des habitants) la plupart d’entre eux n’ont que des troupeaux minuscules12. Quand l'enfant est mort-né on court porter l'enfant dans le sanctuaire à répit (lieu où miraculeusement les enfants ressuscitent le temps d'être baptisés et ils peuvent partir au paradis et non errer dans les limbes). MacFarlane Alan, The Origins of English individualism : the family, property and social transition, Oxford, Blackwell Publishers, 1978, xvi-216 p. Overton Mark, Agricultural Revolution in England. On trouve aussi des sociétés fortement polarisées bien que globalement beaucoup moins riches, c’est par exemple le cas de l’Alsace étudiée par Jean-Michel Boehler46. (Alcaraz, siglo xviii), Madrid, ministère de l’Agriculture, 2000, p. 177. 8 Rubio Pérez Laureano, « Pequeña explotación y campesino acomodado en León durante el Antiguo régimen : de la consolidación estructural y el crecimiento del siglo xviii a las transformaciones capitalistas del xix », Saavedra Pegerto et Villares Ramón (dir. Les rois continuent d'embellir la ville mais ils commencent à se Analyse basée sur les oeuvres de Karl Löwith, Blumenberg et Jean-Claude Monod. L’étude d’inventaires après décès dans le Sussex donne des rapports de richesse allant de 1 à 5 entre eux et les yeomen. Adresse : 2, avenue Gaston Berger CS 24307 F-35044 Rennes cedex France. La naissance est réservée aux femmes de la maison avec notamment la matrone, une sorte de sage-femme sans savoir théorique, mais avec un savoir pratique. Son successeur, Louis d’Orléans, sera sous régence. À la fin du xviie siècle, le terme de yeoman change de sens et disparaît ; c’est l’ère du farmer qui peut être propriétaire en même temps qu’il loue des champs d’un grand (ou petit) propriétaire. Siglos xv al xix, Madrid, 1984, p. 111. Siglos xviii-xx, t. I : Campesino y pequeña explotación, Barcelone, Crítica, 1991, p. 249. 36 Lemarchand Guy, La Fin du féodalisme dans le pays de Caux. 37On ne parle pas en Angleterre de seigneurie mais de manoir (manor). De la même façon, les tournois n’existent plus, ils ont été interdit par Catherine de Médicis au XVI ème siècle suite à la mort du roi Henri II lors de l’un d’entre eux. Ils constituent à la fois un itinéraire de recherche et l'exploration minutieuse d'une région : la Touraine des xviie et xviiie siècles. Soit la ville de Paredes de Nava, toujours en Tierra de Campos, et ses quatre paroisses. Dans les trois pays, le paysan est rarement propriétaire de la terre, il la tient plutôt qu’il la possède. Ce sont d’abord des questions de vocabulaire : les paysans anglais sont des freeholders, farmers, husbandmen, cottagers, servants, labourers… On pourra évidemment ne pas traduire les termes mais il faudra bien cependant leur donner des équivalents, or toutes choses ne sont pas égales. Conjoncture économique et démographique et structure sociale dans une région de grande culture de la crise du xviie siècle à la stabilisation de la Révolution (1640-1795), Paris, CTHS, 1989, 664 p. 42 Cabourdin Guy, Terre et hommes en Lorraine, 1550-1635 : Toulois et comté de Vaudémont, Nancy, université Nancy II, 1977, 2 vol., 764 p. 44 Merle Louis, La Métairie et l’évolution agraire de la Gâtine poitevine de la fin du Moyen Âge à la Révolution, Paris, SEVPEN, 1958, 252 p. ; Péret Jacques, Les Paysans de Gâtine Poitevine au xviiie siècle, La Crèche, Geste Édition, coll. Le seuil inférieur est celui de la résidence (habiter une maison, avoir droit aux usages communautaires, faire partie d’une communauté spirituelle, relever du tribunal du seigneur…). Le système agricole est encore très fragile et soumis à de nombreux aléas (notamment météorologiques), l'économie agricole est encore une juxtaposition de systèmes régionaux. Le concile de Trente a aussi prescrit l'enregistrement des baptêmes sur des registres. S’il décrit une société formée de trois groupes (les « petites gens », le « groupe charnière des laboureurs moyens et des marchands ruraux » et « le monde clos des marchands-laboureurs »), il insiste sur la forte polarisation interne de cette société. [...], [...] Naître, vivre et mourir en France au XVIIe siècle Naître et être jeune 1.1 ) La naissance A cette époque les conditions de l'accouchement étaient très délicates. Il est attaché durablement à une exploitation (les journaliers se louent pour 6 mois ou pour une année mais ils peuvent rester plusieurs années sur la même exploitation). Parmi la rémunération des bergers figurait souvent le droit d’inclure dans le troupeau du maître un certain nombre d’animaux. [...] Il y a une pression fiscale royale au XVIIe siècle. 57Les cottagers se situent à la frontière entre exploitants et travailleurs agricoles. Les concessions avec une durée déterminée (for life) se divisent en tenure of grantee (pour la durée de la vie du tenancier) et pur aûtre vie (la vie du tenancier, de sa femme et de ses héritiers). Et encore, même en disant cela nous n’avons pas résolu le problème : travaille-t-il lui-même ou dirige-t-il des ouvriers ? ), la transaction est enregistrée à la cour manoriale : le tenancier reçoit une copie de son entrée et la tenure en villainage devient progressivement un copyhold ce qui signifie que la terre est tenue by custom of the manor and by copy of court roll. 3L’immensité du territoire, sa diversité, c’est là que réside la grande difficulté de l’étude de la société rurale dans les royaumes d’Espagne. Et si l’on veut être un peu plus précis, il faut bien imaginer que chacune de ces dénominations doit se subdiviser en trois catégories au moins selon le niveau de richesse : les petits, les moyens et les gros. La misère des campagnes françaises à la fin du XVIIe siècle 12 juillet 2017 L'administration des successeurs de Colbert au contrôle général des Finances, Le Péletier et surtout celle de Louis Phélypeaux , marquis de Pontchartrain, fut déplorable pour l'agriculture. cit., p. 51-53 ; Yun Casalilla Bartolomé, Sobre la transición…, op. Le laboureur riche est un personnage des openfields céréaliers39, ailleurs, il faut regarder le terme avec circonspection avant de conclure que l’on a affaire à un riche. 1 Béaur Gérard, « Les catégories sociales à la campagne : repenser un instrument d’analyse », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, t. 106, n° 1, 1999, p. 159-176 et « Stratigraphier le monde rural. Pour les meilleurs d’entre eux, les inventaires montrent des greniers et des caves bien remplies, des intérieurs cossus, décorés de tableaux ou de tentures, de l’argent monnayé, des bijoux (chaînes d’or pour les hommes, bagues pour les femmes), de l’argenterie, des livres même16. 58Les labourers (ne surtout pas confondre avec ce que l’historiographie rurale française appelle « laboureurs », ce sont des journaliers qui correspondent assez bien à la définition qu’en donne Vauban en France) sont des travailleurs salariés payés à la journée ou à la semaine ; ils vivent à la limite de la pauvreté et doivent parfois bénéficier de la Pour Tax (voir chapitre sur les pauvres). Tous ont en commun de travailler une exploitation moyenne ou petite (5-15 ha ou jusqu’à 30 en pays de grande exploitation) et d’en vivre. II) La vie quotidienne 2.1 ) Manger et se vêtir - La nourriture sous l'Ancien Régime est à base de céréales : cela dépend de la richesse des terres où l'on se trouve et de sa fortune : du froment (blé) sur de bonnes terres. J’ai passé toute mon enfance à la campagne, ma femme a vécu à la ville. Commande ton devoir, sur mesure ! La matrone est une personnalité reconnue par le curé, car elle est souvent obligée de procéder à l'ondoiement de l'enfant c'est-à-dire un acte religieux proche du baptême. 6Pour entrer dans le vif du sujet, et éviter les généralités, notre étude portera sur une région précise, la Manche, qui a été choisie, d’une part, parce qu’elle a été étudiée pour le xviie siècle et d’autre part, parce que le critère de différentiation choisi par l’auteur est un critère global. Ils ont été les gagnants de la conjoncture entre 1500 et 1650 ; ils ont participé au remembrement des parcelles et des enclosures, ils ont investi dans le matériel agricole, ont spécialisé leurs terres (houblon, fruits et légumes) et ont expérimenté les nouveautés agronomiques. Conditions générales & politique de confidentialité. Il n’est pas possible de faire apparaître ici ces nuances, mais seulement de rappeler qu’elles jouent dans deux sens : d’une part la hiérarchie sociale est liée au modèle agraire (elle ne sera pas la même selon que la région ait ou non fait l’objet d’enclosure au xviie siècle, selon qu’il s’agit d’une région céréalière ou d’une région d’élevage), d’autre part la richesse est une notion localement relative : tel riche paysan ici sera ailleurs placé beaucoup plus bas dans la hiérarchie de la fortune et de la considération29. Second point qui rapproche l’Angleterre des deux autres pays : le seigneur (the lord of the manor) joue un rôle important dans l’organisation de la vie rurale au moins au début de l’époque moderne (monopoles seigneuriaux, justice, police des champs) ; ceci est évoqué dans le chapitre sur les cadres de la société rurale. La modernisation de l’agriculture anglaise liée à l’accroissement de la demande urbaine est déjà très avancée au xviie siècle (multiplication des marchés, des foires et des échanges, orientation de l’agriculture vers la vente pour satisfaire les besoins en grains et en laine, apparition d’agriculture régionale intensive dans le Kent par exemple). Le présent ouvrage rassemble une grande partie des articles et communications que Brigitte Maillard a écrits tout au long de sa carrière d'enseignante et de chercheur. Un petit nombre seulement d’inventaires révèle une spécialisation vers l’élevage : ces exploitants ont peu de terres, pas d’animaux de trait, ils font travailler leurs terres par des entrepreneurs de culture, mais ils possèdent quelques centaines de moutons et une dizaine de mules et chevaux. Brumont Francis, « Propriété et exploitation de la terre en Grande-Bretagne », Fréchet Hélène (dir. Enfin, dans les fermes du Bassin parisien, il existe aussi un contingent de domestiques plus âgés qui ont des activités spécialisées (charretier et berger) et sont bien rémunérés. Il existe trois grands types de copyhold en Angleterre au xviie siècle : les copyholds of inheritance (ceux qui se transmettent par héritage) dominent dans l’est du pays ; les copyholds for live (pour la durée d’une vie) sont nombreux dans l’Ouest et le Sud-Ouest ; les tenant rights sont les plus communs dans le Nord et le Nord-Ouest. 74C’est incontestablement la catégorie la plus nombreuse, la plus diverse mais aussi la plus largement représentée. D’où une étude très nuancée et la vision d’une société complexe. « Pluriel », 1998, p. 55-73. Un guide bibliographique critique. Le garçon est élevé par les femmes jusqu'à l'âge de 7 ans. French H. R. et Hoyle Richard W., The Character of English rural society : Earls Colne, 1550-1750, Manchester University Press 2007. En mixant tout cela, les historiens du monde rural ont construit des catégories permettant de « classer » tous ces paysans. Ils possèdent parfois des troupeaux assez importants et accèdent à l’aisance. 77Il faut distinguer les domestiques de la main-d’œuvre salariée. Des personnages tenant des copyholds importants sont également appelés yeomen par leurs contemporains. chez lui ou chez les autres ? Même dans la première moitié du xviie siècle, la plupart des tenures non libres (celles que l’on appelle des copyholds) ne pouvaient être achetées ou vendues sans la permission du seigneur. Lors du baptême l'enfant est oint d'un saint chrême ce qui marque son entrée dans la Chrétienté. La généralisation des enclosures et donc la disparition progressive des communaux et des pratiques collectives entraîna d’importants changements au sein de ces populations. ), Historia de España Menéndez Pidal, t. XXIII : La Crisis del siglo xvii. D’où la nécessité de faire une typologie des sociétés paysannes. 35Parler de la société rurale anglaise au xviie siècle pose les mêmes questions théoriques qu’en Espagne ou en France. ), L’Espagne de l’immobilisme à l’essor, Paris, Presses du CNRS, 1989, p. 15-71 ; Pérez García José Manuel, « Economía y sociedad », Historia de España, t. 6 : La Crisis del siglo xvii, Madrid, Planeta, 1987, p. 175-333 ; García Sanz Angel, « El sector agrario durante el siglo xvii ; depresión y reajustes », Jover Zamora José María (dir.

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